
J'ai peur de pas mal de chose dans la vie, des arraignées, des orages, du feu, des voitures, des conducteurs de voiture, des téléphones (si si je vous assure!)... mais personne en politique ne m'a fait aussi peur que cet homme là! J'ai toujours pensé que Le Pen était un des meilleurs orateurs, si ce n'est le meilleur de la classe politique. Il pratique ou du moins pratiquait parce que c'est moins flagrant à mesure qu'il vieillit, cet art de la parole comme bien peu ne savent le faire... mais Le Pen tout le monde s'en méfie, on connaît ses idées, on a du mal à se laisser berner par ses discours malgré ses qualités d'orateur, le deuxième tour des dernières présidentielles le prouve, mais l'homme aux talonnettes...
Il est ce qui se fait de plus intelligent en politique en ce moment, il a compris que le programme n'est que secondaire, qu'il vaut mieux paraître dans Paris Match que dans Le Nouvel Observateur, que l'image compte bien plus que l'esprit, qu'il vaut mieux descendre ses adversaires et jouer sur les sentiments que de présenter un projet concret, que les militants lambdas ne suffisent pas et qu'il faut rallier un maximum de célébrités pour toucher un public le plus large possible... et surtout il a compris que les médias sont devenus un pouvoir à part entière, le 4eme après l'exécutif, le législatif, et le judiciaire, et qu'il vaut mieux les avoir avec soi que contre soi... Il suffit de s'intéresser à ses amitiés pour s'en rendre compte: Martin Bouygues, qui n'est autre que le principal actionnaire de TF1, est le témoin de mariage et aussi le parrain du fils de Sarkozy, et Arnaud l'Agardère, propriétaire de Paris Match et actionnaire important du journal Le Monde, est l'un de ses amis intimes. Voilà pour les amitiés les plus connues mas ce ne sont sûrement pas les seules...
Mais pourquoi j'en ai si peur? A cause de ses amitiés?
Je doute que l'information que l'on me transmette soit si impartiale que ça, mais les médias n'ont jamais été neutres... Les journaux sont connus pour leur penchant à droite et à gauche... J'ai quelques neurones, je sais encore m'en servir, je réfléchis, je confronte... Ses amitiés ne me font pas peur en soi. J'ai peur de l'image que les gens ont de lui. Je laisse traîner mes oreilles un peu partout, je surfe sur le net... et j'ai comme l'impression que les gens ont oublié qui est cet homme! Il a réussi un coup de maître, il a réussi à changer complètement son image... et aujourd’hui, même si je sais qu'on ne peut se fier aux sondages, je me mets à avoir peur des chiffres! Sarko, il est gentil, il est proche du peuple, les gens l'aiment! Remarquez comment pourrait-il en être autrement, il promet tout à tout le monde, enfin presque, il promet pas vraiment le mariage ni l'adoption aux couples homosexuels... mais à part ça il fait du clientélisme à tout va! Un exemple: Julio Iglesias, il a rallié le camp de l'UMP parce que Sarko a régularisé 50 familles qu'il connaissait... Quid des autres sans papiers en attente de régularisation?
Et son programme dans tout ça?
Un bouclier fiscal, pour que son ami Jonnhy, suisse voulant se faire belge pour s'installer à Monaco paye moins d'impôt, une réduction de l'impôt sur le revenu qui est l'impôt le plus juste qui existe; impôt qui pèse déjà bien peu dans les revenus de l'Etat puisqu'il ne couvre même pas les dépenses en matière d'éducation nationale... J'ai vraiment fait preuve de bonne volonté, je me suis rendue sur son site web rechercher son programme... Je n'y ai rien trouvé de vraiment croustillant, il y'avait bien des bouts de programme mai j'ai jamais réussi à ouvrir les fichiers... Par contre cela n'a fait que confirmer tout ce que je pense de lui car j’ai vu l'image d'une personne narcissique, très sûre d'elle-même! Un compteur au millième de seconde jusqu'au second tour et une chaîne de télévision à son nom où l'on peut entendre 24h/24h des personnes lui cirant les pompes... Pour sûr, il n'y a pas d'inquiétude à avoir pour son égaux!
Pourquoi j'ai peur alors?
Parce qu'il passe pour un enfant de cœur, les gens l'admirent... il y a pourtant certaines de ses paroles qui placées dans la bouche d'un certain Jean-Marie en auraient fait bondir plus d'un! J'ai trouvé, il y a quelques temps de ça, un article sur le net écrit par Michel Onfray, philosophe. Je l'ai lu avec beaucoup d'attention jusqu'au bout malgré sa longueur... A la fin je me suis dit: C'est dingue c'est exactement comme ça que je vois Sarko... je ne suis donc pas la seule... Et depuis, à chaque fois que je l'entends parler, lui ou un de ses sympathisants, à chaque fois que je vois la réaction des gens.... j'ai de plus en plus peur! Peur de le voir arriver à la tête de l'Etat, peur de devoir vivre 5 ans minimum avec cet homme en tant que président, les 5 années les plus impotantes de ma vie, la fin de mes études, mon entrée dans la population active...
J'hésite encore... je suis comme beaucoup de français, j'hésite, mon choix se fait chaque jour plus précis mais il est loin d'être encore définitif! Une seule certitude, lui n'aura pas ma voix, J.-M. non plus mais ça c'est pas un secret... Ne vous laissez pas manipuler, ni par les médias, ni par les sondages, ni par votre entourage! Réfléchissez, confrontez les programmes, débattez, voyez plus loin que le bout de votre nez, posez-vous les bonnes questions, élevez le débat à un niveau autre que celui des "bistrots" comme dans l'émission de TF1... Pour ceux que ça intéresse vous trouverez aussi sur le blog de Michel Onfrey, un article lui aussi intéressant sur le ségolènatitude, pace que la dernière chose qui est à faire est déplacer un des candidats, votre préféré sur un pied des stalles... Ne perdez jamais de vue que vous allez choisir un projet de société, plus qu'un homme ou une femme... Et surtout n'oubliez pas le vote c'est un droit mais c'est avant tout un devoir!
Je vous laisse un extrait de cet article, que vous pouvez consulter en intégralité en cliquant
ici, je joins aussi la vidéo de Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives économiques.
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Les habits de grand-mère Sarkozy par Michel Onfray
(Long extrait)
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Voilà, me semble-t-il, l’acception moderne, sinon postmoderne, du démagogue : il flatte le citoyen pour qu’il le conduise au pouvoir car une seule chose l’intéresse, y parvenir et, une fois qu’il s’y trouve, s’y maintenir. Vieilles leçons du Prince de Machiavel. Dans une société de médiatisation généralisée, l’électeur disposant du pouvoir de faire ou de défaire un roi, le démagogue s’adresse médiatiquement aux votants afin qu’il lui fasse la courte échelle pour accéder au trône. Le démagogue est animé par une obsession pathologique : jouir de la puissance donnée le pouvoir – il se moque bien de la République, de la Nation, de l’intérêt général, du bien public, du Peuple, de la France, et autres fétiches dont il se remplit la bouche en permanence et qui saturent toutes ses prises de position.
Le risque du suffrage universel qui pose dans l’absolu l’équation un homme égale un vote est qu’on gagne moins à s’adresser à la raison, à l’intelligence, au bon sens du citoyen, qu’à ses fameuses passions tristes si vives à enflammer tant la misère morale et mentale est grande. Peu importe, il faut choisir des inconvénients et, somme toute, le suffrage universel vaut mieux qu’un cens, quel qu’il soit.
Si la mesure de l’intelligence politique est impensable, celle de la démagogie est possible. Tout homme – ou femme bien sûr…- politique qui parle à rebours de ce qu’enseigne son passé d’élu est un démagogue. Tout homme qui dit pour demain l’inverse de ce qu’il a fait pendant une carrière en est un. Plus l’écart est grand entre son action passée et ses paroles présente, plus c’est un maître en démagogie.
Démagogue en chef, par exemple, Jacques Chirac creusant la fameuse « fracture sociale » pendant un quart de siècle d’action politique aux plus hauts sommets et, après s’en être indigné, sollicitant les électeurs pour la combler ; Jacques Chirac polluant pendant le même temps les nappes phréatiques avec ses décisions en matière agricole et, après s’en être offusqué, affirmant la nécessité d’une écologie qu’il incarnerait ; Jacques Chirac violant la République pendant des décennies – des frais de bouche aux emplois fictifs , en passant par les marchés truqués ou les faux électeurs- et s’en disant le garant comme chef de l’Etat. La liste est longue, chacun le sait...
Prétendant au remplacement et au titre, Nicolas Sarkozy est en passe de décrocher la timbale. Car ce maire refusant la construction de logements sociaux dans sa ville de Neuilly ; cet homme de parti plusieurs fois traître à son camp ; cet encarté défendant une politique de droite depuis son plus jeune âge ; cet allié des puissants fort avec les faibles, faible avec les forts ; cet ami des patrons de presse qui demande et obtient le licenciement d’ un directeur de journal qui expose sa vie privée en dehors des clous fixés par le ministre habituellement iconophile ; ce vindicatif fasciné par les nettoyages de banlieues au kärcher ; cet expéditif qui assimile tout jeune des banlieues à de la racaille ; ce courtisan de Georges Bush auprès duquel il tient des propos de féal de l’autre côté de l’Atlantique ; ce ministre qui convoque place Beauvau le directeur d’une maison d’édition pour interdire un livre à paraître sur son épouse volage ; cet homme, donc, n’existe pas, ou plus, car il a changé…
Ce Nicolas Sarkozy est mort. Enterré. Fini. Décédé. Terminé. Disparu. Trépassé. Plus d’un quart de siècle d’une carrière politique s’envole en fumée. Plus de traces. Pas de preuves. C’était hier. Aujourd’hui, plus rien n’existe comme avant. Car il a changé sous le coup d’une souffrance : cet homme, rendez-vous compte, a été trahi, abandonné, quitté par sa femme – dont il est tombé amoureux le jour même où, maire qui officiait, il a décidé qu’elle ne resterait pas longtemps l’épouse de Jacques Martin, le mari du jour. Avec ce banal adultère des familles, Nicolas Sarkozy a appris la douleur, la peine, le petit homme est devenu grand. Désormais, il peut être Chef de l’Etat.Donc cet homme nouveau n’a plus rien à voir avec le méchant, le partisan, le sectaire, le traître, le disciplinaire, l’autoritaire, le velléitaire, le réactionnaire, le colérique, l’irascible, le nerveux, l’atrabilaire, le susceptible, l’arrogant, l’ambitieux qu’enseignent trente années de pratique politicienne de Neuilly à Beauvau . Et cette métamorphose, promis, juré, craché, n’a rien à voir avec le désir d’obtenir les suffrages d’électeurs qui disposeraient encore d’ un peu de mémoire et dont l’intelligence ou le bon sens auraient survécus au pilonnage médiatique et hagiographique massif depuis des années de matraquage iconique.
Dès lors, l’homme nouveau, le Nicolas rédimé, le Sarkozy métamorphosé, le candidat aux stigmates présidentiels fait sa déclaration de candidature là même où Chirac avait fait la sienne – qui offrira un jour à cet homme le « que sais-je ? » sur la psychanalyse ? « Le canard enchaîné » prouve dans son édition suivante qu’il n’y avait pas plus de 25.000 personnes, la presse quasi unanime, déjà aux ordres, annonce 100.000 , et ne publiera pas de rectificatif – là comme ailleurs.
Son porte plume Henri Guaino taille le costume nouveau : cet homme qui soutient et met en œuvre depuis trente ans la politique libérale qui génère chômage, misère, pauvreté, délocalisations, paupérisation cite Jaurès et de Blum ; ce maire qui refuse les bâtiments sociaux dans sa ville en appelle maintenant au droit opposable au logement ; le copain des coquins patrons de presse qui débarquent le directeur de « Paris Match » responsable de la publication de l’icône de l’adultère uxoral se fend d’une lettre de soutien à « Charlie Hebdo » embarqué dans un procès moyenâgeux au nom de la liberté de la presse ; le quêteur d’onction américaine qui fait acte d’allégeance à Bush et se désolidarise des positions françaises à la Maison Blanche se réclame désormais du Général de Gaulle et de la Résistance ; ce pourfendeur des syndicats, de la réduction du temps de travail, de l’abaissement de l’âge de la retraite, du droit de grève célèbre la mémoire du communiste Guy Môcquet ; cet homme aux rares neurones intellectuels, qui, pour toute caution culturelle, met en avant Doc Gynéco, Christian Clavier, Johnny Hallyday – courtisan de tous les présidents de la V° depuis qu’il paie des impôts-, cet être qui, hier, ricanait et sortait son revolver dès qu’il entendait le nom de La princesse de Clèves, cite aujourd’hui Voltaire, Victor Hugo , Emile Zola ; ce traître, ce cynique, cet immoraliste, cet apostat multirécidiviste se paie même le culot d’en appeler à la morale, aux valeurs, aux vertus ; cet aspirant nettoyeur de banlieues convoque blacks et beurs sur les podiums de ses meetings ; cet habitué des palais de la République, de l’or des logements de fonction , des lambris de ministères, des voitures avec gyrophares, et escortes policières, débarque devant les caméras en Renault de gamme moyenne pour monter à la tribune et convoquer une fois encore Jaurès et Blum , mais à la Mutualité cette fois ci !
Si l’on veut désormais que les mots puissent encore signifier, alors recadrons les choses et destinons lui celui de démagogue, de candidat de la démagogie, de roi de la démagogie, de chef de la démagogie, de président de la démagogie. Trente années de politique , de la mairie au ministère en passant par les instances départementales et régionales, témoignent de la nature véritable de cet homme de droite qui revêt aujourd’hui des habits de la gauche. C’est un loup déguisé dans les vielles nippes d’une grand-mère. On connaît l’histoire… Je crains que les habits nouveaux séduisent les amateurs d’histoire, de fable, de romans, de films, de fictions. Le soir du deuxième tour, la grand-mère pourrait bien apparaître à la fenêtre de l’Elysée, les habits du travestissement abandonnés à même le sol , démaquillée, avec le visage qu’on lui connaît depuis trois décennies : celui d’un prédateur. Ce soir là, il sera trop tard pour tous les chaperons - rouges ou non…
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