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04 septembre 2007

Rentrée politique


Puisque nous sommes en période de rentrées... pas encore étudiante, il me reste encore un petit mois... Comment ça les étudiants ils ne bossent jamais? ^^... Voilà le temps venu pour moi de faire ma rentrée politique, à défaut de faire ma rentrée des classes. Pour cela j'entre des deux pieds dans le débat qui fait suite à la prochaine émission de Karl Zéro, "Les Faits Karl Zéro", qui sera diffusée sur 13ème rue le 28 septembre.

Alors Sarko serait-il pour la peine de mort?

Moi je vois trois possibilités suite aux déclarations de cet homme. Soit, il a mal compris Sarko, soit Sarko a voulu faire du clientélisme comme il sait si bien le faire, soit, il est favorable à la peine de mort pour les pédophiles ou à la peine de mort tout court comme son homologue et ami américain, Bush. Il pourrait y avoir une quatrième solution, ce monsieur aurait menti pour s'attirer la gloire des médias mais compte tenu de ce qu'il a vécu, je ne me vois pas remettre en cause son intégrité. Comme je ne porte pas Talonnettes, premier du nom, dans mon cœur, et ça vous l'aurez remarqué, je pense que les deux dernières solutions (exit la 4ème) sont les plus probantes. Je m'explique.

Sarko nous montre depuis sa prise de fonction, et même avant en fait, qu'il adore le clientélisme et surtout il adore tout diriger. Et comment ne pas abonder dans le sens d'un père dont l'enfant vient de se faire violer? Mais ce qui est énervant, c'est qu'il ne se passe pas un jour sans qu'il ne fasse parler de lui dans les médias, même quand il est en vacances, et surtout quand je suis en vacances. C'est assez désagréable de l'entendre parler dès qu'on regarde les infos, qu'on ouvre un journal ou un magazine quel qui soit, ou encore qu'on écoute la radio, même quand je regarde un match de foot je vois Sarko... Il a un avis sur tout et surtout une réponse à tous les problèmes dans la seconde qui suit le dit problème. Un car qui sort de la route, super Sarko diligente une enquête sur les points noirs de France, un pédophile qui récidive, il reçoit le père à l'Elysée et fait modifier une loi tout juste votée, un commerçant agressé dans la banlieue parisienne, Super Sarko envoie les forces de l'ordre pour le protéger... Je ne dis pas que ce soit mal de réagir - ça me fait penser à la réplique de Kad dans Les Choristes "Action-Réaction"- mais il y a des questions qui méritent plus que quelques jours de réflexions...

Je prends l'exemple de ce commerçant qui a fait les choux gras des médias il y a quelques jours... Tout le monde s'est emballé devant sa démarche qui traduisait la violence des coups reçus... Je compatis un instant, puis, je ne peux m'empêcher de sourire quand je vois que deux majordomes en queue de pie doivent le soutenir pour se rendre à l'Elysée... Je pensais pourtant qu'on avait inventé les béquilles et les fauteuils roulant. J'ai du me tromper... Je me souviens avoir lancé une boutade à mon père lors de l’énième diffusion du reportage... Au journal de Tf1 il faisait suite à un mini mini reportage sur la rentrée politique d'Arlette. J'ai alors lancé à mon père "C'est pour ramener la ménagère dans le droit chemin. Elle aurait pu être tenté par les idées d'Arlette, on ne sait jamais, alors il faut lui rappeler qu'en France il y a plein de racailles!". La réflexion est cruelle, c'est vrai. Mais je suis en droit de me la poser quand j'apprends le surlendemain que la police a des doutes quant à la véracité d'un témoignage de sa part sur une nouvelle agression dont il aurait donné plusieurs descriptions assez différentes les unes des autres...

Enfin tout ça pour dire que je ne suis toujours pas adepte de la méthode Sarkozy, que je ne serai pas étonnée de voir le père revenir sur ses déclarations dans les prochains jours ou à la suite de la diffusion de l'émission de Karl Zéro. Il ne faut pas tacher la réputation de Sarko... quoi que sur le coup ça la tacherait sur la scène internationale mais pas forcément aux yeux de l'opinion publique. Mais rappelons que même s’il existe une très grande part des pédophiles qui récidivent tous ne le font pas... Il faudrait les tuer juste pour en être sûr? Je n'aime pas l'idée que quelqu'un détienne le droit de vie et de mort sur un Homme. Et puis abordé comme ça, ça me fait penser à une sorte d'extermination... pas très claire comme idée tout ça... Venant d'un père dont le fils a été violé, je peux comprendre que l'idée lui ait traversé l'esprit mais de la part d'un président... de notre président... du président de la France, qui reste pour beaucoup le pays des droits de l'homme... Ca fait mauvais genre!

23 mai 2007

Photogénique le président?


Fin du suspens! Et quel suspens... Voilà le portrait officiel de Nicolas Sarkozy!

Talonnettes 1er du nom est l'homme de la rupture, il nous l'a assez répété, limite bourrage de crâne, pour qu'on ne l'oublie pas. Il aime la rupture, il rêve rupture, il vit rupture... jusque dans la réalisation de son portrait! Rupture, parce qu'il a fait appel à un journaliste people... No comment là dessus! Mais rupture surtout parce qu'il a réussi à faire pire que la photo de V.G.E. et pourtant fallait y aller, le visage tout petit qui apparaissait sur le drapeau tricolore placé en fond... Et bien il a réussi en nous livrant le plus raté, à mon goût, des portraits présidentiels!

Pour ceux qui auraient oublié, qui comme Antoine aurait une petite mémoire (^^), petit souvenir de la 3ème!


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Le Général de Gaulle

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George Pompidou

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Valéry Giscard d'Estaing (V.G.E.)

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François Mitterrand

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Jacques Chirac

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18 mai 2007

La compétence a-t-elle réellement primée sur les "amitiés"?



Quand j'ai entendu Talonnettes 1er du nom, parler de compétences pour les ministres qualité qui devait prévaloir, sois-disant, sur les amitiés, je me suis naïvement dit que c'était un point positif pour lui. Seulement à l'entente de la composition du gouvernement, j'ai comme qui dirait grincé des dents: Roselyne Bachelot à la tête du ministère de la santé, de la jeunesse et des sports! Déjà rien que le ministère, on réduit le nombre de ministère pour faire des économies mais cela ne l'empêche pas d'étudier une augmentation du personnel de l'Elysée pour sa petite famille alors même que le budget de l'Elysée a déjà été multiplié par 9 sous l'ère Chirac de 2002 à 2007. Mais le sport avec la santé... A part la lutte antidopage je ne vois pas trop le rapport.. J'en reviens pas, Roselyne Bachelot à la tête de tout ça! Elle n'a pas fait assez de dégâts à l'environnement? Et je ne sais pas pourquoi j'ai du mal à la sentir compétente sur le sport... Remarquez, je me trompe peut être, vu le nombre de regards étonnés auxquels j'ai le droit, à chaque fois que je commence à parler foot... Imaginez un peu l'"intello" (Dieu que je hais ce terme) et sa seconde paire d'yeux qui s'y connaît en foot... Enfin j'ai quand même du mal à la voir dans un stade, et puis franchement niveau carrure de sportif on fait quand même mieux... mais j'en connais qui vont se régaler: Les guignols vont pouvoir ressortir sa marionnette avec son splendide tailleur rose bonbon...

15 mai 2007

Alors méchant loup ou gentille grand-mère?


Article 8 de la Constitution de la Vème République:
"Le Président de la République nomme le Premier ministre. (...) Sur la proposition du Premier ministre, il nomme les autres membres du Gouvernement (...)"

Vous pensez réellement que les propositions viendront du Premier ministre?

Que nenni! L'homme ne laisse rien au hasard, il reçoit en personne depuis son retour de vacances, les candidats-ministres. Je sens Talonnettes 1er du nom nous préparer un coup de bluff. Moi et le poker ça fait deux... c'est un peu comme si vous demandiez à un sumo de faire des entrechats... mais à le voir comme ça se pencher à gauche... Enfin à gauche, façon de parler... Kouchner au Quai d'Orsay, c'est peut être un ancien ministre de Mitterrand et de Jospin - à une époque où j'étais encore bien loin de m'intéresser à la politique- moi je n'ai pas oublié la position qui a été la sienne sur le CPE. Je sens qu'il va nous sortir de son jeu un gouvernement spécial législatives. En marquant son désir d'ouverture sur la "gauche", il donne raison aux députés de l'UDF et aux électeurs de Bayrou qui l'ont rejoint après le premier tour. Il a compris que beaucoup de français avaient été conquis par l'idée de voir au-delà des partis, de gouverner à droite et à gauche. Ca grince des dents à gauche, normal on ne se réjouit pas de voir les "amis" entrer au service de Talonnettes 1er du nom. Ca grince des dents à droite... ça c'est parce que quand on leur tape sur la tête ça sonne creux! Tout le monde ne peut pas être aussi fin stratège que le maître lui-même et cela l'arrange bien d'ailleurs. J'ai comme l'impression qu'il n'aime pas qu'on lui fasse de l'ombre. Un collège n'a-t-il pas été nommé à la tête de l'UMP pour le remplacer? Aurait-il peur qu'une autre personnalité en émerge?

Il rêve d'une Assemblée Nationale bleue horizon. Il veut voir la vie en bleue! Il est président de la République, officiellement depuis aujourd'hui, il reste aussi un homme de droit, étant avocat de profession. Nuls doutes, il ne doit pas avoir oublié ses cours de droit constitutionnel. Qui sait, peut-être peut-il réciter par cœur la constitution? Moi je n'ai gardé de ma première et seule année de droit qu'un maigre bagage de culture général mais je me souviens d'un TD: "Les rapports Président/Premier ministre sous la Vème République"...

Il a accédé à la fonction suprême, il est Le Président de la République Française. Il a atteint son but et il ne laissera personne lui faire de l'ombre. Il n'acceptera pas que quelqu'un d'autre défende avec autant de charisme que lui ses idées, son programme et prenne ainsi du poids sur le plan médiatique. Il aime le pouvoir mais peut être tout autant son image et les médias. Avec une majorité confortable à l'assemblée nationale, son Premier ministre "ne - sera - que le Premier des ministres" (Pompidou), réduit au simple rôle d'exécutant. En l'absence de personnalité charismatique dans son gouvernement, il aura alors le champ libre pour pavaner et se complaire dans son rôle de Président. La chanson ne serait pas la même en cas de cohabitation. Sans le soutien de sa majorité à l'Assemblée Nationale, il se retrouverait dans une position d'affaiblissement. De toute évidence, il n'a pas vraiment envie de n'être qu'un simple arbitre, gardien des institutions. Il aime le pouvoir, et il sait qu'une chambre bleu horizon amènerait une autre lecture de la Constitution et une pratique présidentialiste des institutions. Fin stratège, je n'en ai jamais douté! Certains diront de moi que je suis mauvaise langue... peut-être... Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il y met du cœur à l'ouvrage. Mais a en faire trop ne risque-t-il pas de se brûler les ailes et de casser sa crédibilité? Surtout qu'avec des élections législatives aussi rapprochée des élections présidentielles, il bénéficie de l'effet "présidentiel" qui lui apportera sa majorité. Cela a toujours été ainsi, d'ailleurs avec le quinquennat, sauf en cas de dissolution cela sera toujours le cas. J'espère me tromper, j'espère une cohabitation, j'espère qu'il sciera la branche sur laquelle il est assis... j'espère!

Et quid de sa femme qui ne vote pas pour lui?

Certains diront que ça relève de la stricte vie privée, que le vote doit rester secret... en même temps elle aurait été votée, on n'aurait pas pu vérifier dans l'isoloir le nom sur le bulletin, si nom il y avait. En ne se déplaçant pas elle sait que l'info sera divulguée puisqu'elle est sous les feux de la rampe! Mon avis? Elle voulait que l'on sache qu'elle n'avait pas voté pour son mari. Ca en dit long sur la personnalité de Talonnettes 1er du nom, si même sa femme ne le soutien pas! Vous me direz, sa femme... tout est, encore une fois, relatif.

07 mai 2007

MERCI




Je ne réagis que sur le tard à cette élection mais si je veux pouvoir espérer intégrer La Sorbonne l'an prochain, il faut bien que je travaille aussi un peu... Et puis pour tout dire, j'avais pas vraiment la tête à écrire hier. Il était un peu plus de sept heures du soir quand j'ai pris toute la mesure de ce qui venait de me tomber sur la tête. Je ne cache pas que, sensible comme je suis, j’ai fini par me transformer en véritable madeleine… C’est comme ça, on ne me refera pas !

J'étais si stressée, pire qu'une finale de coupe du monde c'est pour dire, que j'en ai mal dormi et que je n'ai jamais véritablement réussi à me concentrer sur mes révisions d'Analyse des coûts. Un match de foot, vous restez spectateur... oh je ne dis pas que je ne crie pas devant ma petite lucarne en espérant faire changer le cours des choses... chose veine... Une élection c'est différent, le représentant du maire à mon bureau de vote (enfin celui où j'allais voter pour ma procuration) me l'a bien précisé: "vous avez votre avenir entre vos mains". Mon avenir...

J'ai pris acte du choix de plus de 53% des français, de l'avenir qu'ils m'ont choisi. Je voudrai aussi profiter de ce dernier message des carnets de campagne, mais sûrement pas le dernier message politique que je ferai pour remercier quelques personnes...

MERCI aux éléphants du PS qui ont su montrer leur adhésion totale à Ségolène tout le long de sa campagne et qui en gentlemen ne se sont pas servi de son score pour reprendre leur course au pouvoir,
MERCI aux électeurs comme aux députés de l'UDF qui ont écouté et compris le message que Bayrou leur a envoyé après le premier tour en allant voter Sarkozy,
MERCI aux électeurs de gauche qui n’ont pas voulu choisir entre la droite et la « droite »,
MERCI à tous ceux qui ont eu le courage de voter blanc,
MERCI aux plus de 60 ans qui en masse m'ont ramené dans le droit chemin, avec toute la sagesse qui est la leur, me léguant l'avenir dont je rêvais sans doute inconsciemment,
MERCI à tous de m'offrir cette France; cette France métissée, cette France solidaire, cette France fraternelle, cette France accueillante, cette France de la tolérance, cette France ouverte sur le monde, cette France consciente des véritables enjeux environnementaux, cette France héritière de mai 68, cette France où l'on est tous égaux, cette France où toutes les libertés sont respectées y compris celle de la presse...

MERCI

C'est vrai je suis encore amère, c'est vrai que je me suis parfois adressée avec plus de violence qu'à l'accoutumé à certains d'entre vous, que j'ai eu du mal ce matin à afficher le sourire et l'enthousiasme habituel, mais je suis entière c'est comme ça... Le réveil ce matin a été dur, il le sera sans doute encore pendant quelques jours. Rancunière que je suis, je vais sans doute continuer encore un peu à me comporter égoïstement avec mes amis de droite... N'ont-ils pas voulu la France du chacun pour soi? Maintenant faut assumer... Et puis la tension retombera... "Chassez le naturel, il revient au galop"... Je suis de gauche, j'ai refusé les écoles prépa que l'on me conseillait vivement parce que je n'aimais pas l'esprit de compétition qui y règne, je sais pas dire "non" quand on me demande de l'aide... C'est comme ça et Sarko n'y fera rien! Je continuerai à défendre les idées qui sont les miennes, je me battrai avec les armes qui sont les miennes contre les préjugés, contre les mensonges véhiculés, pour défendre Mon Idéal de Société parce qu'intimement je pense qu'il faut savoir regarder plus loin que son nez.

J'ai pris acte de la décision de la majorité du peuple français mais cela ne veut pas pour autant dire que je l'approuve! La Marne est l'un des départements qui a le plus massivement voté Sarko... Ce n'est pas une surprise car les villages de champagne autour de la montagne de Reims sont depuis longtemps acquis à la cause du Front National et plus généralement de l'extrême-droite... Pourquoi Le Pen et Mégret y ont-ils des vignobles?... Petite lueur d'espoir... A Reims si l'on comptabilise les votes blancs - ce qui n'est malheureusement pas le cas d'où ma position sur l'inutilité de voter blanc tant que ce ne sera pas en place - Sarko obtient moins de 50% des voix... Une bien maigre consolation...

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"Toute personne devrait se donner la peine de suivre ce qui est juste, et non ce qui est établi." (Aristote)

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Certains ont dès l'annonce du résultat commencé à tirer à boulet rouge sur Ségolène parfois même au sein même de son parti, ceux du centre, la trouvait trop à gauche, ceux de la gauche trop à droite, certains machos ou certaines conservatrices la trouvait trop femme ou trop mère pour gouverner... Moi j'aimais sincèrement le Pacte Présidentiel et le personnage aussi. Je trouvais que la France Présidente elle avait de la gueule!

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"Si le vote universel existait dans la république des plantes, les orties en banniraient les roses et les lis" (Lucien Arreat)

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18 avril 2007

Mon soutien à Ségolène


Cet article n'a absolument pas pour but de convertir les quelques indécis qui à 4 jours du premier tour passeraient la porte de mon jardin. Il vient simplement clôturer, car je ne pense pas publier entre les deux tours sur ce thème, mes carnets de campagne. J'ai jusque là donné mon avis sur les personnalités que j'avais eu la chance d'aller écouter lors de meeting à Reims. Pour les autres... dommage pour eux... J'ai néanmoins feuilleté les maigres programmes que j'ai reçu hier, mais mon choix est fixé depuis le début du mois, depuis un certain 5 avril... Le vote est secret, c'est le principe même de l'isoloir, pour éviter toutes les pressions, pour pouvoir voter librement. J'assume complètement mon vote et je pense avoir assez réfléchi pour ne pas succomber à quelques pressions que ce soient et je n'ai nullement le sentiment d'avoir la science infuse, je conçois parfaitement que l'on puisse avoir une idée de la société qui soit différente de la mienne.

Dimanche, c'est le nom de la candidate socialiste que je glisserai dans l'urne, enfin dans l'urne... que je cocherai sur l'écran du flambant neuf bureau électronique!

Pourquoi elle?

Certains ont l'utopie de croire que la famille n'influence en rien notre choix. Moi pas. Avec les valeurs qui m'ont été inculquées, la tolérance, le respect, le partage..., je sais ça fait un peu cliché comme ça mais pourtant c'est la vérité et avec plus des 2/3 de la famille qui travaillent dans le social et dans l'éducation nationale, l'aiguille a déjà tendance à la base à pencher plus à gauche qu'à droite... Non pas que je pense que les électeurs de droite, en excluant naturellement l'extrême droite, n'aient pas ces valeurs de tolérance, de respect et de partage... elles sont simplement différentes des miennes.

Mais ce n'est pas le seul facteur, loin de là, c'est peut être même celui qui même s'il joue inconsciemment, joue le moins...

Je ne vais pas non plus me voiler la face, je suis féministe dans l'âme et l'idée d'avoir une femme diriger mon pays et bien ça me plait. Je me souviens qu'aux précédentes élections, sans avoir un tant soit peu décortiquer les programmes - pensez un peu faire de la politique alors qu'on peut pas voter - j'étais tomber en admiration devant Arlette... J'en suis, je l'avoue, depuis revenue! Je sais ça doit bien faire des mois que je milite pour que les Français ne votent pas seulement en fonction de la tête du présidentiable! Mea Culpa! Mais je tiens à préciser que ce n'est là aussi qu'un petit poids dans la balance. Au passage, amatrice de photo que je suis, je dois dire sans aucune objectivité, il est vrai, que j'aime vraiment son affiche rouge/noir/blanc! Il faut dire aussi que je suis dans ma période montage photo de ce type là...

Mais le plus gros des poids reste, heureusement, son programme. Et étrangement, c'est après avoir écouté Delanoé, ce fameux 5 avril, que j'ai adhérer à son programme même si son discours sur la jeunesse à Grenoble au mois de janvier m'avait déjà beaucoup plus. Je travaille en ce moment même sur un dossier sur la précarité étudiante, et je dois avouer qu'elle a au moins la volonté de vouloir faire changer les choses. Elle n'est bien sûre pas la seule... mais j'ai du mal avec les propositions de Besancenot sur l'allocation d'autonomie à 800 éuros! J'aime l'idée d'un donnant-donnant, l'idée de promouvoir les droits et les devoirs et pas seulement s'arrêter au simple "assistanat". Elle a conscience qu'aujourd'hui il y a un véritable problème, que certains jeunes faute de moyen renoncent à des soins et c'est pour cela qu'elle propose "une carte santé jeune pour que les jeunes puissent accéder aux consultations médicales gratuites" et la contraception gratuite pour les jeunes filles jusqu'à l'âge de 25 ans parce qu'elle " pense que les grossesses précoces non désirées constituent une atteinte insupportable à la liberté des filles". La jeunesse est le point sur lequel je me suis le plus attachée mais ce n'est pas le seul, en vrac j'aime l'idée de la suppression du fameux article 49.3 de la constitution (c'est possible de vivre sans... le gouvernement Jospin ne l'a jamais utilisé!), l'interdiction du cumul des mandats, l'euro dépensé qui doit être un euro utile, contrairement à ce que l'on pense le déficit à tendance à être creusé par la droite et réduit par la gauche (environ 50% du PIB en 2002 avec le gouvernement Jospin, on est passé à 65% en 2007...), la construction forcée des 20% de logements sociaux même à Neuilly... Je la rejoins complètement sur la vision qu'elle a de la Marseillaise... Oh bien sûre ça ne changera pas l'avenir de la France, ce n'est pas une question existentielle mais tout de même!

"La Marseillaise, c'est le chant de la lutte contre toutes les forces de tyrannie, c'est le peuple qui s'est levé contre les forces de l'Ancien régime. C'est le chant qui a été repris dans tous les pays quand il a fallu secouer le joug de l'oppression (...) Alors ne faisons pas de contresens sur ce chant. Comprenons vraiment le fond et la force historique de ces paroles"

Il faut savoir replacer les paroles dans leur contexte! Aujourd'hui elles peuvent paraître déplacées mais dans le contexte de l'époque l'étaient-elles?

D'autre part, je suis depuis longtemps en admiration devant le système nordique, qui est pour moi, même si j'ai parfaitement conscience qu'il n'est pas applicable tel quel en France, le modèle de société le plus juste et le plus aboutit qu'il existe aujourd'hui. Preuve que l'on peut avoir une bonne croissance, un impôt fort, une forte mobilité, un faible taux de chômage sans délaissé tout le côté social. Et Ségolène ne s'est jamais caché d'aimer, elle aussi, ce modèle... même si je n'irai pas aussi loin que la levée de drapeau qui est de tradition là-bas!

Je n'appuie pas toutes ses propositions, j'attends encore quelques éclaircissement sur ces emplois tremplins par exemple, je conçois et j'accepte tout à fait qu'elle n'ait pas la maîtrise totale de tous les sujets. Quelqu'un en a-t-il l'entière maîtrise? Ce ne serait que pure vantardise de l'avancer... Plus qu'une candidate, je vois derrière et avec elle une équipe compétente. Dans cette campagne les Eléphants, d'abord déchiré par l'élection de leur candidat, ont fini par faire front, et il y a dans cette équipe bien assez de compétences pour constituer un gouvernement efficace. Qui derrière Sarko? Personne pour lui contester, lors de sa ridicule et très coûteuse soirée d'intronisation, sa candidature... 98% et quelques... un score que l'on rencontre lors des pseudos élections, hors le cas de 2002, dans ces pays qui veulent faire croire au monde qu'ils sont démocratiques... L'opposition est nécessaire pour avancer. C'est pour ça que je ne voterai pas Bayrou. L'alliance c'est beau, mais si cela venait à échouer j'ai peur que ça laisse la place aux extrêmes qui seules constitueraient l'opposion. Bien sûre j'aime ce qu'il propose sur l'Europe mais je ne vois qu'une once de gouvernement se profiler et à 4 jours du premier tour c'est bien tard. S'il crée réellement son nouveau parti démocrate après les élections alors je le regarderai certainement d'un autre oeil, ça sera pour moi le signe qu'il a tourné la page définitivement...

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Segolene - Discours de Grenoble


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11 avril 2007

En meeting avec Arlette

Dernier meeting à Reims avant le premier tour, j'avoue que depuis quelques jours j'accumule la fatigue et que j'ai bien failli ne pas me rendre au centre des congrès de Reims pour écouter celle que l'on peut considérer comme un monument du paysage politique français. Mais je me suis armée de courage, ne voulant pas nourrir plus tard des regrets. 20h40, Arlette fait son entrée avec seulement 10 minutes de retard, une presque ponctualité qui mérite d'être soulignée! En même temps, s'il m'avait fallu attendre 1 heure, comme pour Bayrou, je pense que j'aurai fini par m'endormir tant les fauteuils de l'amphi du centre des congrès sont confortables... et ça aurait été bien désordre car je me trouvais juste dans le champ des caméras de télévisions.

Alors Arlette en meeting ça donne quoi?

J'avoue que j'ai été déçue. J'ai trouvé Arlette molle, aucune conviction ou trop peu dans le son de sa voix, le nez dans ses notes... même l'Internationale à la fin était mou, ressemblant davantage à une berceuse qu'à un champ appelant à la lutte finale... Le fait qu'elle annonce clairement, après avoir condamné le vote utile prôné par les socialistes, qu'elle sait qu'elle ne sera pas au second tour montre biens son absence totale de motivation... Je dis pas que se serait réaliste de la retrouver au second tour, je pense juste qu'en tant que présidentiable, elle ne doit pas partir aussi défaitiste que cela! Bayrou a qui l’on demande sa consigne de vote pour un second tour où il ne serait pas présent répond, bien justement, qu’une bataille ne se gagne jamais si l’on s’avoue vaincu d’avance…

Après son discours... ça parle travail! Forcément ça parait logique pour le parti des travailleurs, c'est un peu comme si on s'étonnait d'entendre Frédéric Nihous nous parlait de chasse et de pêche... Après dans le fond, j'écoutais d'une oreille seulement donc j'ai pas tout saisi mais j'en ai entendu juste assez pour savoir que ça tape sur le patronat, sur la droite, y compris Bayrou puisque vous l'aurez compris pour la gauche il appartient au centre droit, moyennement et même très partiellement sur Ségolène, ce qui est une surprise car elle a même été jusqu'à confesser que certaines de ses mesures si elles étaient appliquées pourraient aller en faveur des travailleurs. J'ai aussi relevé quelques aberrations du style, on divise le nombre de travailleurs par trois pour le même travail donc ils sont trois fois plus exploités... euh... et la hausse de la productivité elle en fait quoi?

Donc voilà rien de bien croustillant, un dernier meeting bien décevant!

08 avril 2007

En meeting avec Bayrou


Je pense que dans une autre vie il me plairait d'être journaliste politique. J'ai longtemps regardé la politique de haut (enfin longtemps tout est relatif puisque je peux voter que depuis deux ans...), sans m'y intéresser, pensant qu'elle n'était l'affaire que d'une certaine élite. Je n'ai commencé à aller aux meetings que par simple curiosité. Rencontrer des potentiels futurs présidents... j'aimais beaucoup l'idée. Mais je dois avouer qu'en un mois tout cela à radicalement changé, je trouve la politique vraiment passionnante, je découvre tout un monde sur lequel j'avais énormément d'a priori. J'apprécie encore plus les études d'économie que je mène et qui me permettent de comprendre plus en détails les rouages des politiques proposées. J'ouvre mon alter éco, ou mon courrier international dès 7h30 le matin dans le bus, ce qui était impensable il y a quelques mois à peine...

Lundi dernier, j'ai donc pris la direction du Parc des Expositions de Reims, Hall 3 pour aller voir la "surprise" de ces présidentielles. C'est vraiment le candidat que je voulais entendre car c'est celui sur lequel je me pose... posais... le plus de questions. Et décidément s'il y a bien une chose qui fait défaut aux politiques c'est bien la ponctualité. 30 minutes que j'attendais assise bien sagement, mon alter éco entre mes mains, oui ça c'est pour me la jouer un peu, et là un gus qui monte à la tribune, sans doute un gus connu mais dont je n'ai pas retenu le nom et avec un grand sourire il s'écrit: "Bonne nouvelle François est à Reims, au centre ville il sera là d'ici 10 minutes!". 10 minutes.... et il le dit avec le sourire en plus... Comme les quelques 3 300 personnes qui sont là je prends mon mal en patience, j'observe le décor, les personnes qui s'affairent au son d'un mini orchestre qui se veut dynamique avec leurs tee-shirts orange "sexy et centriste" mais qui sont loin de l'être, dynamique quoi que ils ne sont pas forcément sexy non plus....

Et pourquoi l’orange?

Il est au centre, il se targue de vouloir rassembler la droite et la gauche, pourquoi pas le violet alors, savant mélange de rouge et de bleu? C'est plus voyant c'est vrai mais avec Caro, ma "kipine" d'amphi, on a décidé en début d'année que l’orange c'était la couleur à mettre quand on déprime... de là à dire que le programme de Bayrou me déprime... Il est vrai aussi qu'il aurait été plus dur de trouver un fruit violet à offrir, les aubergines sont presque violette mais j'imagine la tête des gens qui se verraient offrir des aubergines... au passage j'attends toujours mes clémentines!

Bon et son discours dans tout ça?

Nous avons le droit pour débuter à un petit discours de notre bon vieux maire, celui qui ovationne Bayrou sur la photo. J'ai trouvé limite le rapprochement qu'il fait entre la probable élection de Bayrou le 7 mai prochain et l'Armistice signé à Reims le 8 mai 1945 mais bon passons, je n'étais pas là pour écouter le maire...

C'est donc au tour de Bayrou de prendre la parole, pendant 5 bonnes minutes il va nous faire la liste de tous les invités VIP qui se trouvent là et cirer quelques bottes au passage... il ira d'ailleurs jusqu'à interrompre son discours plus tard pour saluer deux sénateurs qui font leur entrée... Déjà que celui qui l'a annoncé quelques instants auparavant, le même gus qui avait le sourire tout à l'heure, nous lançait un formidable :"il vient à votre rencontre, avant de dévoiler demain (mardi) son programme"... Je me suis un instant demandé ce que je faisais là moi qui voulais justement prendre toute la mesure de son programme... J'aime la politique pas les discours pseudo politique dont le seul but est de casser du sucre sur le dos des adversaires sans rien proposer... Mais bon, je suis là ça fait presque une heure que je poirotte et en plus j'ai une bonne place donc je continue de l'écouter non sans relever quelques-unes de ses paroles ce qui a le don d'énerver mon voisin de devant au joli t-shirt orange "voter Bayrou" mais qu'à cela ne tienne, je continue de l'écouter...

Il nous a donc parlé du chômage, en expliquant clairement que les chiffres qui nous étaient communiqués étaient faux. Il est revenu sur la dette de la France en montrant chiffre à l'appuie qu'elle était conséquente. Avant d'insister sur le fait que l'Etat dépensait chaque jour 20% de plus que ce qu'il ne gagne ce qu'aucun ménage ne pouvait se permettre. En même temps c'est un peu son rôle... Si l'état n'investissait pas dans les projets rentables à très long terme, ce que ne peut se permettre un tout à chacun, alors il n'y aurait plus de fond pour la recherche, déjà qu'il n'y en a pas des masses, et il ne se trouverait personne pour financer les grandes infrastructure (ponts, autoroutes...).

Après on a fait un petit détour par les banlieues, l'insécurité, et il n'a bien sûr pas résister à l'occasion de taper sur Sarko, les valeurs patriotiques, on tacle Ségo au passage mais ça l'empêche pas de chanter lui aussi la Marseillaise à la fin du meeting... On a même eu le droit à un petit cour de philo et à une petite pose pub pour un de ses amis écrivain. Il signale qu'il a été prof avant de nous resservir la même bourde que Sarko sur le Québec. Et oui Monsieur Bayrou, le Québec c'est pas un pays, c'est une province...

Il a abordé ensuite l'Europe. Et là je dois bien avouer que je suis assez proche de la vision qu'il se fait de l'Europe. Une Europe qui protègerait la loyauté et l'équité des échanges, faisant tout pour faire respecter aux autres les règles qu'elle s'est fixée à elle-même; une Europe qui lutterait contre le terrorisme et le trafic d'êtres humains davantage qu'elle ne le fait déjà, qui s'investirait un peu plus dans la politique internationale, qui s'occuperait un peu plus des préoccupations du climat et de l'énergie mais surtout une Europe qui serait dépasser l'obsession de la concurrence qui la mine. Il a abordé aussi le sujet de la Turquie sans vraiment nous dire s'il était aujourd'hui pour ou contre son adhésion, personnellement je suis davantage pour un partenariat privilégié...


Enfin il a fini sur l'école et l'éducation, fer de lance de sa campagne... mais là une fois encore son discours sonnerait bien moins faux s'il n'avait pas été par le passé un bien piètre ministre de l'éducation nationale... Et puis se servir des jeunes pour justifier la création de deux emplois sans charges pendant 5 ans... limite. Le graphique tiré de l'alter éco du mois d'avril (mais non ce n'est pas mon livre de chevet...) rend bien compte de la situation. Les allégements de cotisations sociales ont fait un bon remarquable depuis le début des années 1990, en 2005 cela a coûté 17 milliards d'euros à l'Etat... A-t-on noté une augmentation aussi significative du nombre de création d'emploi sur la même période? Non! Mais le trou de la Sécu a lui continué de croître...

En bref, j'ai donc aimé son discours sur l'Europe, son accent finalement plus proche des guignols que je ne le pensais, moins ses attaques à droite et à gauche... pour un homme qui veut rassembler et composer avec tout ce petit monde, il aurait pu souligner quelques-unes des mesures des deux autres principaux candidats avec lesquels il est plus ou moins d'accord... Taper sur les précédents gouvernement sans préciser qu'on en a fait parti... il faut savoir assumer ses échecs, on en sort grandi... Et j'ai grincé des dents à l'entente des quelques phrases populistes savamment dosés dans un discours habilement mené mais qui manquait à mon goût d'un peu de conviction de sa part. Et le scoop de la soirée c'est que Bayrou regrette feu le numéro 12 des renseignements car il n'arrive pas à mémoriser les autres... Mensonges... Avec le Toutouyoutou on a au moins tous en tête l'un des innombrables numéros de renseignements qui existent maintenant... Dire que cela coûtait plus cher et que les délocalisations des centres d'appels avaient rendu le service moins efficace aurait suffi...

Enfin, je finirai sur une remarque faite par Bertrand Delannoé, que j'ai été écouter mercredi à Tinqueux (à coté de Reims). A ceux qui douteraient encore des orientations politiques de Bayrou à droite, centre droit plus exactement, je les invite à aller, comme là si judicieusement soulevé l'actuel maire de Paris, voir ce qui se passe au niveau local avec l'UDF. Bayrou à beau nous rabâcher qu'il a changé arguant le fait qu'il a utilisé son veto sur certaines des lois votées par l'UMP, il n'empêche qu'aux élections municipales qui se sont déroulées, il y a à peine quelques mois à Bordeaux, l'UDF a présenté une liste commune avec l'UMP et que dans les régions et les villes, comme Reims, où ils sont au pouvoir ils ne gouvernent pas avec les meilleurs de droite et de gauche mais seulement avec les meilleurs de droite... Mitterrand disait déjà à l'époque du centre qui se ventait d'être ni à droite, ni à gauche, "il y a une chose qui est sûre, le centre n'est ni à gauche, ni à gauche!" A méditer!
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20 mars 2007

En meeting avec Olivier Besancenot


Je continue à jouer les reporters en profitant du passage des présidentiables à Reims.

Ce soir c'est du côté des anciens caveaux Jacquart qu'il fallait se rendre pour écouter le représentant de la LCR (Ligue Communiste Révolutionnaire). La salle était quasi pleine... il devait bien y avoir 600 personnes... et bien calée dans mon siège dans les tous premiers rangs j'attends sagement la venue du plus célèbre facteur de France. 30 minutes de retard... finalement ils ont peut être tous une chose en commun... le mot ponctualité ne semble pas faire partie de leur vocabulaire!

Un "rapide" topos, qui dura quand même une demi-heure, de quelques intervenants sur la situation de l'emploi dans notre région... faut dire qu'on n'est pas vraiment gâté... enfin nous... disons plutôt les Ardennais et un discours d'une jeune militante adressé aux jeunes et c'est à lui de rejoindre le pupitre.

Ce que j'aime chez lui?
Son côté cool et décontract, j'arrive en meeting en jeans et pull marine et en plus j'ai une bonne tête.
Son côté, moi quand je me déplace en province c'est pour faire des discours qui durent plus d'un quart d'heure.
Son côté, non seulement je suis jeune, révolutionnaire mais je crois en ce que je défends et en plus je le défends bien. C'est d'ailleurs vraiment ce qui m'a surpris, j'étais loin de me douter qu'il était si bon orateur; Il manie aussi bien le verbe que le sens de l'humour. Je n'ai pas vu l'heure passée... un peu plus et je me serai presque sentie l'âme d'une révolutionnaire prête à déplacer les montagnes... presque.. parce que je n'ai pas été jusqu'à pointer le bras en l'air pour chanter l'Internationale!

Et puis forcément, il en faut plus pour me convaincre. Parce que les beaux discours et les bonnes têtes ça vaut ce que ça vaut! Alors c'est vrai, il dit des choses pas stupides, notamment sur les baisses de charges sociales accordées aux Entreprises qui ont contribué à plomber le déficit de la "Sécu", sur les aides publiques qu'il faudrait récupérer quand les entreprises licencient ou délocalisent, sur les sanctions (inéligibilité) prises à l'encontre des maires qui ne respecteraient pas la loi sur les logements sociaux, sur les impôts même si je ne suis pas d'accord sur le montant de l'impôt qu'il veut mettre sur les profits... Après ça reste trop extrême pour moi, je pense pas qu'il faille non plus tirer à boulets rouges sur les patrons tout va. La répartition des profits justement, fer de lance de sa campagne. C'est vrai, chiffres à l'appuie, que la part des profits redistribuée aux salariés a baissé ces dernières années (proportionnellement), profitant aux actionnaires, qu'il y a peut être là quelque chose à faire mais encore une fois je ne suis pas aussi radicale que lui sur le "comment". Et l'Europe? Même si je me suis prononcée contre la constitution européenne, ça ne fait pas de moi une eurosceptique! Je ne pense pas que ce soit dans notre intérêt de renationaliser nombre d'entreprises, allant ainsi contre la politique européenne, cela risquerait de nous isoler de nos principaux partenaires commerciaux comme l'Allemagne. Pas sûre que ce soit très bon pour notre économie tout ça...

Enfin tout ça pour dire, son discours bien ancré à gauche ne m'a pas laissé insensible mais je ne pense pas que ce soit suffisant. Et puis, je trouve dommage de casser le PS, c'est vrai qu'il a plus cassé Nicolas mais moi ça me chiffonne, je ne pense pas que ce soit dans l'intérêt de la gauche de casser sur la candidate du PS surtout que comme il le dit lui-même, elle a repris nombres de mesures qu'il défend depuis longtemps. Alors pourquoi casser la seule chance de voir la gauche passer? Surtout quand on regarde les sondages actuels... même s'ils restent très peu fiables... La gauche n'est pas capable de s'entendre alors comment Bayrou pourrait-il réussir à faire cohabiter la gauche et la droite ensemble dans toute la diversité qu'elles représentent?

Enfin autant pour Ségolène pour un micro-meeting dans la banlieue de Reims, il y a les caméras de France télévision, TF1/LCI, ITELE/CANAL+ et les micros de toute une pléiade de radios autant là pour un meeting tout de même plus sérieux il n'y avait que les caméras de France 3... C'est vrai que j'ai pu jouer les reporters sagement et confortablement assise dans mon siège sans à avoir à jouer les équilibristes... enfin tout de même, cela démontre bien une fois de plus le rôle que les médias peuvent jouer dans la campagne électorale... A méditer!

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17 mars 2007

Sauce béarnaise


Il y a quelques jours, Antoine m’a proposé d’unir nos plumes pour rédiger un article en commun sur François Bayrou. Il est « LA SURPRISE » de cette période de pré-éléction, Bayrou pas Antoine, alors nous surfons sur l’effet de mode. Je ne m’en cache pas Bayrou j’aime bien sa tête, je le trouve fort sympathique et mon addiction aux Guignols de l’info n’est pas étrangère à cela. Ca remonte aux dernières élections en 2002 et depuis je ne peux m’empêcher de sourire en entendant sa caricature naïve évoquer son bus au colza, sa grand-mère de Bannière de Bigorre et son teckel nain ! C’est de là aussi que vient le « mais euh » dont j’use et abuse. Mais il en faut tout de même plus pour faire un président vous ne pensez pas ?


06/03/2007 : Les Guignols de l'Info

Nous avons tous des amis (ils se reconnaîtront…) qui sont "tentés" de voter pour le candidat "centriste" en fustigeant le clivage gauche/droite et l'absence de différences fondamentales entre le programme de l'UMP et du PS. C’est une réaction naturelle ! L’électorat de Le Pen en 2002 n’était pas son électorat « naturel » et beaucoup de réactionnaires (et de gros connards, il faut l'affirmer haut et fort) avait choisi cette voie pour dénoncer le clivage Jospin/Chirac. Cependant, il est indéniable que François Bayrou sous ses airs de gentil paysan de nos campagnes est un libéral pur et dur comme le montre le récent ralliement d'un groupuscule ultra-libéral : Alternatives Libérales. En effet, d'un point de vue purement économique, rien ne sépare le candidat centriste du candidat umpiste tant il a fait siennes les idées néo-libérales, mondialistes et monétaristes… En plus, celui-ci se protège derrière une rigueur budgétaire bienvenue en invoquant la dette publique, le déficit budgétaire, la faible croissance de la France… Il parait qu'il a le programme le moins coûteux mais il a surtout le programme le moins ambitieux ! Sans éducation, sans recherche et développement, sans vision optimiste de l'avenir, comment voulez-vous améliorer la situation économique et sociale de la France ? Comment voulez redonner de l'espoir à une jeune génération en perte de repères ? Peut-être que dans un raisonnement à court terme (et donc électoral), son programme rigoriste peut améliorer les finances publiques de la France mais si l'on adopte un point de vue à long terme (même si comme disait Keynes : "à long terme, nous serons tous morts"), il est évident qu'il n'encourage pas la bonne vision de la politique. Pire encore, Bayrou est qualifié de "courageux" par les CSP+ car il "ose évoquer les sujets sensibles" mais il ne fait que nous priver du droit de rêver en un futur meilleur que celui de nos parents… Peut-on vivre sans illusion ? Notre réponse est NON ! Le libéralisme ne doit pas être une fatalité que nous devons accepter faute de mieux ! Or, si l'on en croit la politique que Bayrou et l'UDF ont suivie depuis 2002, nous avons bien à faire à un candidat profondément libéral qui ne tapait sur l'UMP que quand il y voyait un intérêt personnel. Ainsi, il a approuvé ces dernières années des lois anti-sociales préparées par le gouvernement, des lois généralement combattues par les groupes socialiste et communiste des plus inquiétantes :

*Le 3 juillet 2002, François Bayrou approuve la déclaration de politique générale de Jean-Pierre Raffarin.
*Le 15 octobre, il approuve la loi Fillon sur les salaires, le temps de travail et le développement de l'emploi qui prévoit de nouvelles exonérations de cotisations patronales.
*Le 19 novembre, il vote le budget 2003 du gouvernement Raffarin.
*Le 17 décembre 2002, le groupe UDF approuve la loi sur les marchés de l'énergie et le service public de l'énergie.
*Le 28 janvier 2003, François Bayrou approuve la loi Sarkozy sur la sécurité intérieure.
*Le 15 février, il refuse de voter la motion de censure socialiste qui s'oppose à la modification des modes de scrutin des régionales et européennes : cette modification sera adoptée au titre de l'article 49-3 de la Constitution.
*Le 29 avril, l'UDF signe un chèque en blanc au gouvernement Raffarin en votant la loi qui habilite le gouvernement à légiférer par ordonnances pour « simplifier » la codification du droit.
*Le 2 juillet, Bayrou refuse de voter la motion de censure socialiste du gouvernement Raffarin qui, par le projet de loi Fillon, s'attaque aux retraites par répartition en baissant le montant des pensions malgré l'opposition massive de la mobilisation sociale (1,5 millions de manifestants à Paris).
*Les 3 et 24 juillet, il approuve cette loi Fillon de contre-réforme des retraites.
*Le 4 novembre, il vote le budget de la sécurité sociale pour 2004.
*Le 25 novembre 2003, il approuve la loi sur le RMI qui crée le « Revenu minimum d'activité ».
*Le 2 mars 2004, il refuse de voter la motion de censure socialiste.
*Le 5 avril, il approuve la déclaration de politique générale de Jean-Pierre Raffarin.
*Le 7 avril, il approuve la loi sur la formation professionnelle tout au long de la vie.
*Le 15 juin, il approuve la loi sur le handicap, qui supprime un jour férié (lundi de Pentecôte).
*Le 23 novembre, il vote le budget 2005 du gouvernement. Le 7 décembre 2004, il approuve la loi Borloo, dite « de cohésion sociale ».
*Le 22 mars 2005, il approuve la loi Ollier, portant sur l'organisation du temps de travail en entreprise.
*Le 23 mai, il approuve la loi de transposition des directives européennes sur l'ouverture des services postaux à la concurrence.
*Le 18 octobre, il approuve la loi d'orientation agricole.
*Le 15 novembre, il approuve l'application de la loi du 3 avril 1955 pour instaurer l'état d'urgence.
*Le 29 novembre, il approuve la loi sur la sécurité et les contrôles frontaliers.
*Le 6 décembre 2005, il approuve la loi sur le « retour à l'emploi ».
*Le 31 janvier 2006, il approuve la loi sur le logement.
*Le 21 février, il refuse de voter la motion de censure socialiste.
*Le 30 mai 2006, il approuve encore la loi sur l'eau et les milieux aquatiques.


Dans une démarche plus historique de son action politique, nous nous rendons compte que Bayrou n'est ni de gauche, ni du centre mais bel et bien de droite ! Visiblement, les socialistes déçus par la démarche de Ségolène Royal ne comprennent pas qu'ils sont en train de choisir entre la droite et la droite ! Quelle personnalité de gauche voudra participer au gouvernement de Bayrou (mis à part Allègre qui se serait rangé derrière le candidat…) ? Comment diriger un pays sans majorité réelle à l'Assemblée Nationale ? Les Français semblent voter davantage pour un(e) candidat(e) que pour un programme. Il suffit de tendre l’oreille pour s’en persuader. Qui n’a pas entendu dans son entourage, dans le bus, dans le métro ou ailleurs… : « Ségolène elle m’énerve, Sarko j’aime pas sa tête… ». C’est bien et après ? Et quand vous posez une question sur le programme c’est le blanc et ça repart sur « oui mais ils sont tous pareils, ils se tirent dans les pattes… ». On n'est pas dans une élection de miss ! On ne le répétera jamais assez plongez-vous dans les programmes ! Etudiez-les ! Un peu de lecture n’a jamais tué personne ! Etoffez votre argumentation ! L’électorat de Bayrou est un des plus instable, de nombreux spécialistes s’accordent sur la question, et nous ne pensons pas que ceux qui lui accorderont leur voix iront voter UDF aux élections législatives. Or s’il n’a pas la majorité à l’assemblée pour gouverner, il ne deviendra qu’un simple arbitre à la tête de la nation. Il aura bien peu de marge de manœuvre surtout s’il se retrouve avec un Sarkozy ou un des éléphants du PS pour Premier ministre… Il semble donc évident que si le candidat UDF est élu, nous allons droit au mur ! Nous allons connaître cinq années d'immobilisme, de collégialité et de consensualisme où aucune décision importante ne sera prise : un véritable retour à la foireuse IVème République ! Il n'y a qu'à voir à quel point Romano Prodi, l'idole italienne de notre cher Béarnais, lutte pour pouvoir réformer une Italie sclérosée par les années passées sous le commandement de Berlusconi ! De plus, j'ai du mal à comprendre les enseignants tentés par Bayrou… Ils doivent vraiment avoir la mémoire courte quand on voit son bilan en tant que Ministre de l'Education : il n'a strictement rien fait mis à part remettre en cause la loi Falloux.



Evidemment, face au mollusque Bayrou, on retrouve l'agaçante Ségolène Royal et l'inquiétant (et raciste… un ministère de l’immigration et de l’identité nationale, le rêve à coup sûr de Le Pen, un vocabulaire qui nous rappèle les heures les plus sombres de l’Histoire de France… et ultra-libéral, et réactionnaire, et atlantiste…) Nicolas Sarkozy mais d'un mal choisissons le moindre : la situation de la France ne s'améliorera pas sous l'impulsion de nouveau chouchou passé maître dans l'art du double discours (quelques idées à droite, quelques idées à gauche et le tour est joué) des médias politiques ! Il faut en France une gauche socialiste qui retrouve des valeurs de gauche et une droite qui assume ses idées de droite (et au passage son bilan gouvernemental catastrophique). Le plus drôle se sont ces candidats qui ne dissimulent pas leur ego envahissant… Il y a quelques temps Sarkozy clamait à qui voulait l'entendre "qu'il commençait à bien la sentir cette élection" et Bayrou répondait récemment en anglais à un journaliste suédois : "I think I can win". Nous espérons évidemment que les deux larrons (de droite) se mettent le doigt dans l'œil ! Si vous ne supportez pas de voir Ségolène Royal en peinture, éteignez la télé ! Maintenant vous savez à quoi elle ressemble, vous connaissez d’ailleurs la tête de tous les candidats, alors plongez-vous dans les programmes ! Certains parlent mieux que d’autre, c’est vrai, mais vous savez Hitler était très bon orateur, Le Pen aussi, Sarkozy est passer maître en communication et il est aussi avocat de profession… Jugez les programmes avant tout et dite vous qu’après si vous aimez la tête de celui ou celle qui défend le programme qui se rapproche le plus de vos idées alors c’est un bonus ! Il s'agit de l'avenir de la France, il s'agit de notre avenir… Nous ne voulons pas revivre les dernières années !

16 mars 2007

En meeting avec Ségolène


En tombant sur l'hebdo du vendredi, le journal gratuit de Reims avant les vacances, j'ai pu voir que quelques politiques présidentiables avaient dans l'idée de venir du côté de la cité des sacres. Voilà l'occasion idéale de me plonger un peu plus au cœur de la campagne. Je prend en note toutes les dates. Sur le papier pas de trace d'une possible venue de Ségolène Royal, juste un meeting du PS. Mais depuis de l'eau à coulé sous les ponts et Ségolène a voulu repartir à la rencontre du peuple dans des meetings accessibles.

Vendredi 15 mars. Mon tout premier meeting, le premier aussi de ceux auxquels je compte assister avant les éléctions. Saint-Brice-Courcelle, une petite ville limitrophe de Reims, une petite estrade de 50 bons centimètres de haut sur la place de la Mairie, quelques chaises... La place n'est pas déserte mais c'est pas la grande foule non plus, sans la présence de toutes ces caméras, France télévision, Itele, TF1... on aurait bien du mal à croire à la venue d'un des candidats à la présidentielle. L'ambiance se veut bon enfant et le soleil qui apparaît peu avant midi finit de nous réchauffer. Quand soudain on aperçoit la valse des micros au loin... Là voilà qui arrive avec quelques minutes de retard, un bon quart d'heure en fait. Je me mets sur la pointe des pieds pour l'apercevoir. Je m'étais placée de sorte de pouvoir la voir et prendre quelques photos mais c'était sans compter la marée humaine de journalistes. Ces idiots l'ont entouré, impossible de la voir avec toutes ces caméras et ses micros... Par chance la chaise à côté de moi est vide... Me voilà perchée dominant toute la foule d'une bonne tête seulement je n'avais pas pensé qu'elle reprendrait un bain de foule pour sortir et de mon côté cette fois-ci! Non mais quelle idée! Je me suis alors retrouvée dans un mouvement de foule et sans le monsieur qui était derrière moi ma chaise se serait sans aucun doute renversée... C'est vraiment pas de tout repos de jouer les reporters! Mais j'ai quand même réussi à vous avoir un extrait de son discours que j'ai mis à la fin de l'article.

Je raconte ma vie mais le meeting dans tout ça?

J'ai trouvé Ségolène Royal très fatiguée ce qui est inquiètant alors que se profile la dernière ligne droite. Elle nous a servi un discours éclair d'un bon quart d'heure. Rien de bien nouveau, elle n'a répété que les phrases clefs de sa campagne non sans s'être au préalable adressée aux salariés de Chausson. J'avoue que je suis restée sur ma faim et que je regrette qu'il n'y ait pas eu un service d'ordre un peu plus présent ne serait-ce pour encadrer les trop nombreux journalistes qui se sont accaparés la candidate comme si nous n'étions pas là. Un manque de respect total de ces personnes envers nous qui avions fait le déplacement, envers les sourds qui ne pouvaient du coup pas voir la dame qui retranscrivait le discours de la candidate en langage des signes et surtout envers les personnes à mobilité réduite que l'on avait placées juste devant moi et qui se sont pratiquement fait marcher dessus sans que personne n'intervienne!

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22 février 2007

Pourquoi j'ai peur de Sarkozy ?

J'ai peur de pas mal de chose dans la vie, des arraignées, des orages, du feu, des voitures, des conducteurs de voiture, des téléphones (si si je vous assure!)... mais personne en politique ne m'a fait aussi peur que cet homme là! J'ai toujours pensé que Le Pen était un des meilleurs orateurs, si ce n'est le meilleur de la classe politique. Il pratique ou du moins pratiquait parce que c'est moins flagrant à mesure qu'il vieillit, cet art de la parole comme bien peu ne savent le faire... mais Le Pen tout le monde s'en méfie, on connaît ses idées, on a du mal à se laisser berner par ses discours malgré ses qualités d'orateur, le deuxième tour des dernières présidentielles le prouve, mais l'homme aux talonnettes...

Il est ce qui se fait de plus intelligent en politique en ce moment, il a compris que le programme n'est que secondaire, qu'il vaut mieux paraître dans Paris Match que dans Le Nouvel Observateur, que l'image compte bien plus que l'esprit, qu'il vaut mieux descendre ses adversaires et jouer sur les sentiments que de présenter un projet concret, que les militants lambdas ne suffisent pas et qu'il faut rallier un maximum de célébrités pour toucher un public le plus large possible... et surtout il a compris que les médias sont devenus un pouvoir à part entière, le 4eme après l'exécutif, le législatif, et le judiciaire, et qu'il vaut mieux les avoir avec soi que contre soi... Il suffit de s'intéresser à ses amitiés pour s'en rendre compte: Martin Bouygues, qui n'est autre que le principal actionnaire de TF1, est le témoin de mariage et aussi le parrain du fils de Sarkozy, et Arnaud l'Agardère, propriétaire de Paris Match et actionnaire important du journal Le Monde, est l'un de ses amis intimes. Voilà pour les amitiés les plus connues mas ce ne sont sûrement pas les seules...

Mais pourquoi j'en ai si peur? A cause de ses amitiés?

Je doute que l'information que l'on me transmette soit si impartiale que ça, mais les médias n'ont jamais été neutres... Les journaux sont connus pour leur penchant à droite et à gauche... J'ai quelques neurones, je sais encore m'en servir, je réfléchis, je confronte... Ses amitiés ne me font pas peur en soi. J'ai peur de l'image que les gens ont de lui. Je laisse traîner mes oreilles un peu partout, je surfe sur le net... et j'ai comme l'impression que les gens ont oublié qui est cet homme! Il a réussi un coup de maître, il a réussi à changer complètement son image... et aujourd’hui, même si je sais qu'on ne peut se fier aux sondages, je me mets à avoir peur des chiffres! Sarko, il est gentil, il est proche du peuple, les gens l'aiment! Remarquez comment pourrait-il en être autrement, il promet tout à tout le monde, enfin presque, il promet pas vraiment le mariage ni l'adoption aux couples homosexuels... mais à part ça il fait du clientélisme à tout va! Un exemple: Julio Iglesias, il a rallié le camp de l'UMP parce que Sarko a régularisé 50 familles qu'il connaissait... Quid des autres sans papiers en attente de régularisation?

Et son programme dans tout ça?

Un bouclier fiscal, pour que son ami Jonnhy, suisse voulant se faire belge pour s'installer à Monaco paye moins d'impôt, une réduction de l'impôt sur le revenu qui est l'impôt le plus juste qui existe; impôt qui pèse déjà bien peu dans les revenus de l'Etat puisqu'il ne couvre même pas les dépenses en matière d'éducation nationale... J'ai vraiment fait preuve de bonne volonté, je me suis rendue sur son site web rechercher son programme... Je n'y ai rien trouvé de vraiment croustillant, il y'avait bien des bouts de programme mai j'ai jamais réussi à ouvrir les fichiers... Par contre cela n'a fait que confirmer tout ce que je pense de lui car j’ai vu l'image d'une personne narcissique, très sûre d'elle-même! Un compteur au millième de seconde jusqu'au second tour et une chaîne de télévision à son nom où l'on peut entendre 24h/24h des personnes lui cirant les pompes... Pour sûr, il n'y a pas d'inquiétude à avoir pour son égaux!

Pourquoi j'ai peur alors?

Parce qu'il passe pour un enfant de cœur, les gens l'admirent... il y a pourtant certaines de ses paroles qui placées dans la bouche d'un certain Jean-Marie en auraient fait bondir plus d'un! J'ai trouvé, il y a quelques temps de ça, un article sur le net écrit par Michel Onfray, philosophe. Je l'ai lu avec beaucoup d'attention jusqu'au bout malgré sa longueur... A la fin je me suis dit: C'est dingue c'est exactement comme ça que je vois Sarko... je ne suis donc pas la seule... Et depuis, à chaque fois que je l'entends parler, lui ou un de ses sympathisants, à chaque fois que je vois la réaction des gens.... j'ai de plus en plus peur! Peur de le voir arriver à la tête de l'Etat, peur de devoir vivre 5 ans minimum avec cet homme en tant que président, les 5 années les plus impotantes de ma vie, la fin de mes études, mon entrée dans la population active...

J'hésite encore... je suis comme beaucoup de français, j'hésite, mon choix se fait chaque jour plus précis mais il est loin d'être encore définitif! Une seule certitude, lui n'aura pas ma voix, J.-M. non plus mais ça c'est pas un secret... Ne vous laissez pas manipuler, ni par les médias, ni par les sondages, ni par votre entourage! Réfléchissez, confrontez les programmes, débattez, voyez plus loin que le bout de votre nez, posez-vous les bonnes questions, élevez le débat à un niveau autre que celui des "bistrots" comme dans l'émission de TF1... Pour ceux que ça intéresse vous trouverez aussi sur le blog de Michel Onfrey, un article lui aussi intéressant sur le ségolènatitude, pace que la dernière chose qui est à faire est déplacer un des candidats, votre préféré sur un pied des stalles... Ne perdez jamais de vue que vous allez choisir un projet de société, plus qu'un homme ou une femme... Et surtout n'oubliez pas le vote c'est un droit mais c'est avant tout un devoir!

Je vous laisse un extrait de cet article, que vous pouvez consulter en intégralité en cliquant ici, je joins aussi la vidéo de Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives économiques.

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Les habits de grand-mère Sarkozy par Michel Onfray
(Long extrait)

(...)

Voilà, me semble-t-il, l’acception moderne, sinon postmoderne, du démagogue : il flatte le citoyen pour qu’il le conduise au pouvoir car une seule chose l’intéresse, y parvenir et, une fois qu’il s’y trouve, s’y maintenir. Vieilles leçons du Prince de Machiavel. Dans une société de médiatisation généralisée, l’électeur disposant du pouvoir de faire ou de défaire un roi, le démagogue s’adresse médiatiquement aux votants afin qu’il lui fasse la courte échelle pour accéder au trône. Le démagogue est animé par une obsession pathologique : jouir de la puissance donnée le pouvoir – il se moque bien de la République, de la Nation, de l’intérêt général, du bien public, du Peuple, de la France, et autres fétiches dont il se remplit la bouche en permanence et qui saturent toutes ses prises de position.

Le risque du suffrage universel qui pose dans l’absolu l’équation un homme égale un vote est qu’on gagne moins à s’adresser à la raison, à l’intelligence, au bon sens du citoyen, qu’à ses fameuses passions tristes si vives à enflammer tant la misère morale et mentale est grande. Peu importe, il faut choisir des inconvénients et, somme toute, le suffrage universel vaut mieux qu’un cens, quel qu’il soit.

Si la mesure de l’intelligence politique est impensable, celle de la démagogie est possible. Tout homme – ou femme bien sûr…- politique qui parle à rebours de ce qu’enseigne son passé d’élu est un démagogue. Tout homme qui dit pour demain l’inverse de ce qu’il a fait pendant une carrière en est un. Plus l’écart est grand entre son action passée et ses paroles présente, plus c’est un maître en démagogie.

Démagogue en chef, par exemple, Jacques Chirac creusant la fameuse « fracture sociale » pendant un quart de siècle d’action politique aux plus hauts sommets et, après s’en être indigné, sollicitant les électeurs pour la combler ; Jacques Chirac polluant pendant le même temps les nappes phréatiques avec ses décisions en matière agricole et, après s’en être offusqué, affirmant la nécessité d’une écologie qu’il incarnerait ; Jacques Chirac violant la République pendant des décennies – des frais de bouche aux emplois fictifs , en passant par les marchés truqués ou les faux électeurs- et s’en disant le garant comme chef de l’Etat. La liste est longue, chacun le sait...

Prétendant au remplacement et au titre, Nicolas Sarkozy est en passe de décrocher la timbale. Car ce maire refusant la construction de logements sociaux dans sa ville de Neuilly ; cet homme de parti plusieurs fois traître à son camp ; cet encarté défendant une politique de droite depuis son plus jeune âge ; cet allié des puissants fort avec les faibles, faible avec les forts ; cet ami des patrons de presse qui demande et obtient le licenciement d’ un directeur de journal qui expose sa vie privée en dehors des clous fixés par le ministre habituellement iconophile ; ce vindicatif fasciné par les nettoyages de banlieues au kärcher ; cet expéditif qui assimile tout jeune des banlieues à de la racaille ; ce courtisan de Georges Bush auprès duquel il tient des propos de féal de l’autre côté de l’Atlantique ; ce ministre qui convoque place Beauvau le directeur d’une maison d’édition pour interdire un livre à paraître sur son épouse volage ; cet homme, donc, n’existe pas, ou plus, car il a changé…

Ce Nicolas Sarkozy est mort. Enterré. Fini. Décédé. Terminé. Disparu. Trépassé. Plus d’un quart de siècle d’une carrière politique s’envole en fumée. Plus de traces. Pas de preuves. C’était hier. Aujourd’hui, plus rien n’existe comme avant. Car il a changé sous le coup d’une souffrance : cet homme, rendez-vous compte, a été trahi, abandonné, quitté par sa femme – dont il est tombé amoureux le jour même où, maire qui officiait, il a décidé qu’elle ne resterait pas longtemps l’épouse de Jacques Martin, le mari du jour. Avec ce banal adultère des familles, Nicolas Sarkozy a appris la douleur, la peine, le petit homme est devenu grand. Désormais, il peut être Chef de l’Etat.Donc cet homme nouveau n’a plus rien à voir avec le méchant, le partisan, le sectaire, le traître, le disciplinaire, l’autoritaire, le velléitaire, le réactionnaire, le colérique, l’irascible, le nerveux, l’atrabilaire, le susceptible, l’arrogant, l’ambitieux qu’enseignent trente années de pratique politicienne de Neuilly à Beauvau . Et cette métamorphose, promis, juré, craché, n’a rien à voir avec le désir d’obtenir les suffrages d’électeurs qui disposeraient encore d’ un peu de mémoire et dont l’intelligence ou le bon sens auraient survécus au pilonnage médiatique et hagiographique massif depuis des années de matraquage iconique.

Dès lors, l’homme nouveau, le Nicolas rédimé, le Sarkozy métamorphosé, le candidat aux stigmates présidentiels fait sa déclaration de candidature là même où Chirac avait fait la sienne – qui offrira un jour à cet homme le « que sais-je ? » sur la psychanalyse ? « Le canard enchaîné » prouve dans son édition suivante qu’il n’y avait pas plus de 25.000 personnes, la presse quasi unanime, déjà aux ordres, annonce 100.000 , et ne publiera pas de rectificatif – là comme ailleurs.

Son porte plume Henri Guaino taille le costume nouveau : cet homme qui soutient et met en œuvre depuis trente ans la politique libérale qui génère chômage, misère, pauvreté, délocalisations, paupérisation cite Jaurès et de Blum ; ce maire qui refuse les bâtiments sociaux dans sa ville en appelle maintenant au droit opposable au logement ; le copain des coquins patrons de presse qui débarquent le directeur de « Paris Match » responsable de la publication de l’icône de l’adultère uxoral se fend d’une lettre de soutien à « Charlie Hebdo » embarqué dans un procès moyenâgeux au nom de la liberté de la presse ; le quêteur d’onction américaine qui fait acte d’allégeance à Bush et se désolidarise des positions françaises à la Maison Blanche se réclame désormais du Général de Gaulle et de la Résistance ; ce pourfendeur des syndicats, de la réduction du temps de travail, de l’abaissement de l’âge de la retraite, du droit de grève célèbre la mémoire du communiste Guy Môcquet ; cet homme aux rares neurones intellectuels, qui, pour toute caution culturelle, met en avant Doc Gynéco, Christian Clavier, Johnny Hallyday – courtisan de tous les présidents de la V° depuis qu’il paie des impôts-, cet être qui, hier, ricanait et sortait son revolver dès qu’il entendait le nom de La princesse de Clèves, cite aujourd’hui Voltaire, Victor Hugo , Emile Zola ; ce traître, ce cynique, cet immoraliste, cet apostat multirécidiviste se paie même le culot d’en appeler à la morale, aux valeurs, aux vertus ; cet aspirant nettoyeur de banlieues convoque blacks et beurs sur les podiums de ses meetings ; cet habitué des palais de la République, de l’or des logements de fonction , des lambris de ministères, des voitures avec gyrophares, et escortes policières, débarque devant les caméras en Renault de gamme moyenne pour monter à la tribune et convoquer une fois encore Jaurès et Blum , mais à la Mutualité cette fois ci !

Si l’on veut désormais que les mots puissent encore signifier, alors recadrons les choses et destinons lui celui de démagogue, de candidat de la démagogie, de roi de la démagogie, de chef de la démagogie, de président de la démagogie. Trente années de politique , de la mairie au ministère en passant par les instances départementales et régionales, témoignent de la nature véritable de cet homme de droite qui revêt aujourd’hui des habits de la gauche. C’est un loup déguisé dans les vielles nippes d’une grand-mère. On connaît l’histoire… Je crains que les habits nouveaux séduisent les amateurs d’histoire, de fable, de romans, de films, de fictions. Le soir du deuxième tour, la grand-mère pourrait bien apparaître à la fenêtre de l’Elysée, les habits du travestissement abandonnés à même le sol , démaquillée, avec le visage qu’on lui connaît depuis trois décennies : celui d’un prédateur. Ce soir là, il sera trop tard pour tous les chaperons - rouges ou non…

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